LA CHAISE

Cette image pourrait représenter une chaise mais ce n’est pas une chaise. Cette “chaise” marque une absence, elle est vide, elle produit de l’attente. Elle fabrique un imaginaire qui vient se fondre dans une obsession à être là, une obsession à attendre, à observer, à guetter.

L’image restera latente. Sublimation de quelque chose qui aurait dû exister, mais qui n’a pas eu lieu.

 

Cette photo représente un tapis roulant servant à entraîner les chevaux de course. Quand la machine est en marche, la course du cheval devient un leurre, le déplacement une illusion.

Le tapis est à l’arrêt.

Le mouvement est en suspension, il y a rupture dans le temps. Le mouvement se voudrait être mais il fait défaut, c’est un autre mouvement qui s’insinue ici, celui de d’une mémoire qui déplace, qui fabrique des illogismes, des apparitions, des disparitions qui nous font croire à ce qui n’existe pas.

Images en noirs et blancs.

Les noirs ont pris la couleur du mystére, presque celle de l’effroi. Ils laissent entrevoir le spectre d’une forme comme après un rêve. Noirs laissant passer la lumière, seuls à avoir le pouvoir de révélation. Les blancs eux, sont implacables. Ils sont porteurs du trait, de l’origine possible, du souvenir. Ils ne sont que surface, donnant à voir jusqu’à l’éblouissement, jusqu’au devenir. Dans les vides, le temps s’emploi à donner un rythme là où il ne peut exister. Il se répète, il butte sans cesse.

Répétitions, lignes du temps, échantillons de mémoires fondés sur l’oubli. Suspendus par des fils, ce sont peut-être des restes ou des retards d’éternité diront certains, ou des poids portant l’instant “d’être”, tout en bas de l’échelle du jugement.

Il a fallu trouver une entente entre la vitesse de la lumière quand elle descend toucher le papier et la progression du papier sous l’agrandisseur. Le rapport entre le temps et la lumière n’est plus exponentiel. Il devient autre. La logique du développement n’a plus lieu d’être. Le travail en labo est devenu aléatoire, il s’est assimilé au temps de la mémoire, impossible à maitriser. 

 

Il en est ressorti ses bandes de papier. Toutes sont des fragments de temps. Des tirages uniques, impossibles à refaire à l’identique. Insensé pour des photographies. Celles-ci jouent sur un enchevêtrement possible d’interprétations et de significations, toutes sont renforcées par leur cohabitation. Quelque chose de l’ordre de l’écriture musicale, de la partition, pourrait signifier une cohérence de l’ensemble.

Isabelle Gressier / novembre 2016

Galerie Résidence 87 - Paris 19ème du 19 nov au 11 déc 2016

Ce travail a été réalisé pour l'exposition SUITES. 

Une exposition regroupant ce travail ainsi que celui de Kim Lan Nguyên Thi. Son travail présenté a été tiré de son exposition DISPARITION.

www.kimlannguyenthi.com

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