INSTALLATIONS

multiples

J’ai, depuis une quinzaine d’années, eu l’obsession de répéter en grand nombre un seul élément, qui ne se justifiait dans sa multitude que pars d’infimes différences. Cela formait un ensemble composé d’œuvres qui possédaient entre elles une unité et formaient un tout cohérent. 

La création n’en était pas la photographie isolée mais le projet dont témoignait la série.

Le motif repris se présente ainsi comme un champ illimité, tout comme les modalités de cette reprise et les intentions artistiques qui la sous-tendent. 

La répétition introduit alors une distance avec le sujet qui n’en devient que plus dérangeant. Les photographies jouent sur un enchevêtrement possible d’interprétations et de significations, toutes renforcées par leur cohabitation. Ainsi répéter n’est pas paraphraser. Partant de l’idée de collection, chaque exemplaire est à la fois même et différent, et c’est dans ce maigre interstice que la répétition permet de découvrir de troublantes réminiscences d’images connues.

Il me paraît important de laisser le regard s’étendre, d’être entouré de ces différences infimes, de créer une zone où le spectateur se perd. 

Éthiquement, égalité s’entend avec différence. C’est depuis ce postulat, si simple soit-il, que j’ai construit, à mon échelle et à une échelle plus globale, ses installations multiples.

La Chaise

Galerie Résidence 87

Paris 19 - 2016

Maisons​

Série Maison

Ouessant 2008

Série Maison

Quartier des neiges - Le Havre 2009

Mur de radiographies

La radio est transparente, elle se laisse traverser par le regard, suivant la manière dont on l’éclaire ; elle figure l’intérieur du corps, la structure osseuse graphiquement représentée. Sur une radio on voit ce que nous ne voyons jamais, et l’on doit comme avec la photographie croire ce que l’on voit, ce que l’on ne pourra jamais vérifier. 

C’est une sorte d’interprétation de nous-même, entre le réel médical et une image fantasmée de ce que nous ne pouvons voir. Sa matière transparente l’apparente à un vitrail d’église.

Le premier mur reprenait de haut en bas l’ordre vertical du corps humain. Les deux bandes supérieures étaient constituées de crânes, puis, progressivement, apparaissaient les premières cervicales, la cage thoracique, le bassin, les fémurs et les genoux, et tout en bas, les pieds et les mains. Cet assemblage représentait plusieurs centaines de personnes cousues ensembles, bien rangées, comme dans un annuaire ou un registre. Il fallait que chaque radio soit lisible, ce qui imposait une structure graphique très précise, comme un immense tableau quadrillé de lignes noires avec à l’intérieur les parties translucides à intervalles réguliers, où se distinguaient des détails des corps. 

Le public se trouvait face à une foule de corps.Toutes les radios étaient semblables et elles étaient toutes différentes. Le public pouvait ensuite passer entre les lais et découvrait à ce moment les noms inscrits sur les radiographies.

Mers​

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